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President du syndicat de la communication

Socialiste aujourd'hui

Swisscom: Christian Levrat est parvenu à limiter les dégâts après d’âpres négociations.

Nouvelle charrette chez Swisscom, malgré un bénéfice en hausse de 44,6%. Pour Swisscom, la lutte contre la concurrence passe par de nouvelles coupes dans ses effectifs. Finalement, ce “ne sont que quelque 260 postes” qui passeront à la trappe en 2006. Sur toute l’année, pas moins de 390 emplois ont été supprimés chez l’opérateur historique. Christian Levrat, président du Syndicat de la communication, dresse pour tsr.ch un bilan mitigé de ces discussions.

Chaque année l’opérateur redimensionne ses structures. Cette fois, ce sont tous les secteurs qui sont concernés, aussi bien Swisscom Fixnet que Swisscom Mobile. A l’heures où la concurrence avec le câblo-opérateur Cablecom fait rage, le géant bleu se voit dans l’obligation d’accroître encore sa rentabilité.

- Comment se déroulent les négociations entre le Syndicat de la communication, dont vous êtes le président, et Swisscom ?
Christian Levrat: Swisscom commence par annoncer aux partenaires sociaux les mesures qui sont envisagées pour restructurer l’entreprise, et le nombre de postes supprimés. Je ne peux pas vous donner les chiffres prévus par Swisscom, mais avons réussi à les faire baisser passablement. Le syndicat s’est battu poste par poste. On argumente en faveur du maintien de chaque place de travail.

- Etes-vous globalement satisfait de l’issue des négociations avec Swisscom?
Non, et ce pour deux raisons: nous restons en effet persuadés que la majorité des licenciements auraient pu être évités. Avec l’augmentation du nombre de raccordement ADSL et de l’offre triple-play, à savoir la possibilité d’avoir un abonnement unique pour la télévision, internet haut débit et le téléphone, Swisscom pourrait être plus agressif sur le marché suisse. Au lieu de cela, l’opérateur suisse investit à l’étranger. Il lorgne actuellement sur Eirecom.

La deuxième raison, c’est que ces 260 personnes pourraient être replacées dans un autre service au sein de l’entreprise, car Swisscom augmente ses effectifs et élargit ses activités. Il y a un gros effort de requalification qui pourrait être entrepris pour que les personnes licenciées puissent changer de poste en restant chez l’opérateur historique.

. Comment abordez-vous les mesures d’accompagnement? Swisscom est connue pour être une entreprise généreuse avec ses employés, est-ce que vous confirmez ?
Nous avons négocié le meilleur plan social. Depuis sa libéralisation (en 1998), Swisscom a consacré environ deux milliards de francs à divers plans sociaux (trois milliards selon l’opérateur).

Evidemment que pour moi, il est important d’abord que ces personnes puissent retrouver un emploi. Le syndicat veille à ce que les employés soient prioritaires pour être réembauchés dans l’entreprise même. On négocie également les mesures d’accompagnements prévues pour retrouver du travail. Dans certains cas, Swisscom garantit à son personnel de 12 à 18 mois de salaire, parfois plus.

- Avez-vous l’intention d’intervenir au niveau politique ?
Le débat politique fait déjà rage. Avec notamment la libéralisation du dernier kilomètre. D’ailleurs pour moi, il n’y pas besoin de vendre le dernier kilomètre, parce qu’il y a déjà assez de concurrence. La pression sur les prix est déjà très forte.

- Est-ce que ces licenciements vont continuer dans les années à venir ?
Très probablement: Swisscom s’agrandit et se transforme. Il y aura toujours des personnes dont les qualifications ne correspondent plus aux nouveaux besoins de l’entreprise.
Propos recueillis par Sarah Chevalier, tsr.ch

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