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Au Conseil des États, les partis comptent aussi

Il est assez coutumier de considérer que les élections au Conseil des États soient surtout des scrutins où l’on élit des personnalités avant de voter pour les formations auxquelles elles appartiennent.

Cette année cependant, cette analyse est à relativiser. En particulier pour le PS qui, avec Géraldine Savary, Hans Stöckli, Paul Rechsteiner ou encore Pascale Bruderer, par exemple, présentait des candidat-e-s  balayant tout le spectre des différentes composantes du socialisme helvétique. Et pourtant, toutes et tous ont été brillamment élu-e-s. Comme les sept autres conseillères et conseillers aux Etats du parti qui constituent désormais la plus importante délégation socialiste de l’histoire à la Chambre des cantons.

Evidemment, chaque contexte cantonal présente des particularités. Bien sûr, différents facteurs ont permis à chacune et à chacun de s’imposer. Mais les élections 2011 au Conseil des États se sont également révélées riches d’enseignements pour les partis en venant sanctionner un positionnement clairement identifié.  Ainsi, à l’heure où avenir suisse souhaite relever l’âge de la retraite à 71 ans, où un Think Tank considère qu’il faudrait multiplier par dix (!) les frais d’études, où Novartis supprime 1000 places de travail malgré des bénéfices de quelque dix milliards de francs, où un crise économique majeure menace, il n’est pas étonnant qu’une politique qui s’attache à la défense de l’intérêt général plutôt que des intérêts particuliers rencontre un écho considérable. Et c’est bien cette politique « pour tous, sans privilèges » qui vient de se voir renforcée à l’issue des élections au Conseil des États.  

Le cas de l’UDC est aussi particulièrement révélateur. A l’issue de leurs récentes défaites, les démocrates du centre tentent de faire valoir qu’ils ont dû faire face à un front commun qui aurait juré de leur faire mordre la poussière où que les scrutins majoritaires ne leur ont jamais réussi. Cependant, pour peu que l’on analyse leurs résultats d’un peu plus près, loin d’une addition d’échecs personnels, c’est bien leur programme politique comme leur campagne électorale qui ont été sanctionnés par les électrices et électeurs. Dans le canton de Berne, Adrian Amstutz n’a engrangé que 2000 suffrages supplémentaires au 2ème tour tandis que Hans Stöckli a fait un bond de 40‘000 voix. Dans les autres cantons, c’est encore pire : Christoph Blocher a perdu 7’000 voix par rapport au 1er tour, Toni Brunner en a égaré 2’000 tandis qu’en Argovie, Ulrich Giezendanner se demande encore où ont pu passer 20’000 suffrages qui se sont évaporés dans la nature. Dans le même temps, leurs adversaires ont tous progressé. A croire que même  les plus fidèles de leurs partisans ont hésité à leur accorder leur voix au 2ème tour.

Aux Chambres fédérales aussi, les fronts ont considérablement évolué à l’issue des dernières élections au Conseil des États. La droite (UDC et PLR) a finalement perdu 16 sièges (13 au Conseil national, 3 au Conseil des États). A gauche, le PS a conquis 7 mandats (4 au Conseil national, 3 au Conseil des États) ce qui a permis de plus que compenser les pertes enregistrées par les Verts. Conclusion: le centre a progressé exclusivement au détriment de la droite. De bon augure dans la perspective de la prochaine législature.  

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