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Christian Levrat élu à la présidence du PSS: “Gagner en 2011″
Enregistré dans :, le 3.3.2008 @ 17:35

Voici le discours d’investiture que Christian Levrat a prononcé samedi lors du congrès du Parti socialiste suisse à Bâle.

Camarades,

Le monde politique va si vite, défaites et victoires s’y succèdent si rapidement, que nous courrons tous le risque d’oublier nos racines. Heureusement, cette année 2008 nous incite à stopper un instant cette course incessante. 2008, c’est en effet  le 90e anniversaire de la grève générale de 1918. Une rupture dans l’histoire suisse, une défaite apparente du mouvement ouvrier qui pourtant modifiera à jamais l’histoire de notre pays : l’élection à la proportionnelle ouvre les portes du Parlement à la gauche, l’introduction de la semaine de 48 heures entraîne des discussions qui débouchent sur des conventions collectives essentielles, l’AVS sera fille des grévistes, même s’il faudra encore trente ans de lutte pour en connaître les contours et la voir appliquer. Le suffrage féminin quant à lui, autre exigence centrale de la grève générale, nécessitera cinquante années de lutte pour enfin être introduit. Dans cette défaite, la génération de nos pères, de nos mères, a trouvé la force de rebondir. Malgré la presse hostile, malgré la répression policière, malgré la disproportion évidente des moyens à disposition des uns et des autres. Cette défaite portait en elle les ferments de la victoire.

Nous devons aujourd’hui nous inspirer de ces prédécesseurs, de celles et ceux qui ont combattu pour plus de justice sociale, pour une démocratie respectueuse de toutes et tous, pour l’égalité des chances. Nous devons puiser dans leur exemple l’énergie nécessaire pour remettre en cause l’ordre injuste du capitalisme financier, destructeur de ces solidarités patiemment mises en Å“uvre. Nos camarades du début du XXe siècle se sont battus dans des conditions autrement plus difficiles que les nôtres. Et, pourtant, ils n’ont jamais cédé au découragement. Parce qu’ils voyaient, derrière la défaite, poindre l’espoir. Un espoir qui aujourd’hui doit nous habiter à notre tour, car, comme Pierre Mendès France, nous croyons qu’ « à la longue, inexorablement, comme le fleuve va à la mer, malgré les détours et les méandres, la vérité, l’égalité, la générosité ont eu et auront le dernier mot ».

Robert Grimm, un exemple d’engagement socialiste
Il y aura cinquante ans le 8 mars prochain que disparaissait le leader de la grève générale, Robert Grimm. Peut-être, de l’avis des historiens, le politicien de la Suisse moderne qui bénéficie de la plus grande notoriété internationale. Mais pour nous plus encore, la figure la plus marquante du socialisme helvétique, un monument qui aura traversé toutes les époques. Député au Grand conseil de cette ville de Bâle à l’orée du siècle, il siège ensuite au conseil de ville de Berne et au Grand Conseil bernois dès 1910, tout en représentant dès 1911 le canton de Zurich au Conseil national. Rédacteur en chef de la Berner Tagwacht, la figure de proue de la presse ouvrière. Président du comité d’Olten, la direction opérative de la grève générale. Détenu durant six mois pour ce motif et banni de tous les cénacles bien-pensants du pays. Mais immédiatement honoré par la classe ouvrière, qui lui redonne en 1920 son siège du Conseil national (comme représentant du canton de Berne cette fois-ci). Un mandat de parlementaire qu’il occupera jusqu’en 1955, totalisant au final quarante-quatre années de combats politiques sous la Coupole fédérale.

Tenant d’une critique marxiste de la société capitaliste, pourfendeur inlassable de l’exploitation de la classe ouvrière, convaincu que le progrès social passe par le mouvement ouvrier de masse et, s’il le faut, par la grève générale, il récusera cependant toujours le bolchévisme. C’est du reste lui qui, de façon décisive, argumentera en 1920 contre l’adhésion du Parti socialiste suisse à l’Internationale communiste. Chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales, auteur du programme de 1935, il préside au virage démocratique du parti, qui sous son autorité abandonne l’objectif – fût-il très théorique - de la dictature du prolétariat. Dans ces années trente troublées qui précèdent la grande tourmente du conflit mondial, il accepte le principe de la défense nationale. Mais contrairement à tant d’autres socialistes de l’immédiat après-guerre, il refuse ensuite d’adhérer pleinement au front bourgeois de la guerre froide : loin de devenir, comme on l’a souvent dit, un « politicien de concordance comme les autres », il restera toujours fidèle à un socialisme de terrain, sans concession. Un socialisme fondé sur une critique sévère du modèle capitaliste, sur la nécessité d’un contrôle démocratique de l’économie, et sur l’importance, toujours, de partir d’un véritable mouvement social. Un mouvement que ce politicien pragmatique ne refuse pas de faire participer au pouvoir si cela sert efficacement l’intérêt du progrès social. Ainsi siégera-t-il encore au Conseil d’Etat bernois, puis posera les premières pierres d’une politique des transports moderne en tant que directeur du BLS.

Robert Grimm, c’est l’histoire de notre temps, de nos valeurs, de nos espoirs. C’est la volonté de modifier l’ordre capitaliste par des moyens pacifiques et démocratiques, c’est la constance dans l’idéal poursuivi malgré la défaite et les coups du sort. Mais c’est aussi l’intelligence d’adapter les moyens de la lutte à l’esprit de l’époque. C’est l’attention extrême portée aux évolutions sociales, c’est enfin le courage de mettre en question certains dogmes intangibles du parti socialiste lorsqu’ils n’étaient plus les instruments d’une société plus juste, mais des obstacles.

Relever la tête
Camarades, nous sommes toutes et tous ici aujourd’hui les successeurs de Robert Grimm. Nous sommes réunis à Bâle en congrès extraordinaire parce que nous avons enregistré en octobre dernier le pire revers électoral de l’après-guerre. Eh bien, souvenons-nous des heures sombres de notre mouvement, relevons la tête, refusons la défaite ! Préparons ensemble les nouvelles échéances qui nous attendent !
Mais nous ne pouvons y parvenir sans réfléchir aux causes de notre recul. Bien sûr, nous avons commis des erreurs de campagne. Nous ne sommes pas parvenus à imposer nos thèmes et avons accepté de transformer les élections fédérales en plébiscite sur tel ou tel conseiller fédéral.

Bien sûr, nos compatriotes sont moins préoccupés par les questions économiques et sociales en période de haute conjoncture. Bien sûr, les verts sont – injustement – considérés comme plus compétents que le PS sur les questions climatique et environnementale.

Bien sûr nos adversaires disposaient de moyens financiers vingt fois plus importants que les nôtres. Ce qui est d’ailleurs intolérable, parce que l’origine et l’ampleur de ces fonds ne sont soumises à aucun contrôle démocratique. Et parce que la démocratie n’est pas à vendre, le PSS engagera une lutte résolue contre la manipulation à coup de millions de l’opinion publique.

Mais peut-être y a-t-il des causes plus profondes, plus sérieuses, peut-être la situation exige un effort plus personnel de chacun d’entre nous.

Camarades, laissez-moi vous poser quelques questions. N’avons-nous pas, au cours des dernières années, trop privilégié le travail institutionnel du parti ? N’avons-nous pas trop souvent oublié qu’un parti de gauche ne peut survivre qu’à la condition d’être aussi un mouvement social ? Et qu’un mouvement social doit être un lieu de débat, de confrontation, d’échange dialectique ? Camarades, si nous sacrifions nos soirées et nos week-ends pour le parti socialiste, c’est parce que nous sommes convaincu que nous pouvons changer ce pays, le rendre plus juste, plus solidaire, plus humain. Et nous devons être les ambassadeurs de cette conviction, nous devons l’afficher. Quand pour la dernière fois avons-nous proposé à nos voisins, à nos collègues de bureau d’adhérer au parti socialiste ?

La fidélité aux valeurs
Toutes et tous, nous devons être, individuellement et collectivement, les Robert Grimm de notre temps. Les partisans au militantisme inlassable, comme l’illustre cette anecdote, celle de la dernière intervention protocolée de Robert Grimm. Nous sommes au milieu des années 1950, et c’est un Robert Grimm de 75 ans qui prend la parole devant l’assemblée du PS bernois. Et pour quoi dire ? Pour appeler ses successeurs à la sagesse ou à la retenue ? Pour les mettre en garde contre l’enthousiasme excessif de leurs idéaux ? Pas du tout : le vieux Robert Grimm qui prend la parole ce soir-là critique les propositions du PSS en matière d’éducation, parce qu’elles ne sont selon lui « pas assez socialistes ». Voilà un engagement ! Voilà une fidélité à des idées et à un combat ! C’est de prédécesseurs de cette trempe que nous portons l’héritage, les convictions et les espoirs. Pour eux, pour nous, pour nos compatriotes, pour les habitants et les habitantes de ce pays, nous devons stopper la chute du parti socialiste, nous devons gagner les élections de 2011.

Et gagner les élections, c’est être d’abord fidèles à nos valeurs, c’est défendre une plus juste répartition des gains de productivité, c’est plaider pour un filet social moderne et solide, c’est vouloir une économie au service de l’humain, et non des humains corvéables à merci au seul bénéfice des grandes entreprises. C’est donner une image lisible, claire, immédiatement compréhensible de ce pour quoi nous nous battons : pour une Suisse sociale. Une Suisse sociale qui repose sur trois piliers : d’abord la justice sociale, ensuite une politique climatique au service de l’humain, enfin l’ouverture au monde et à l’Europe.
Parler de justice sociale, c’est d’abord refuser un système économique qui fait que les gains de productivité vont d’abord aux détenteurs du capital, aux actionnaires, aux managers des grandes sociétés. C’est considérer qu’il n’y a aucun motif plausible pour les millions versés aux banquiers de ce pays, à ceux qui ruinent la réputation de notre place économique et acceptent le risque de perdre des milliards dans un jeu dont personne ne comprend plus les règles. Le PS doit s’engager pour limiter les salaires indécents de ces pillards du capitalisme.

Relever le pouvoir d’achat, renforcer la sécurité sociale
Parler de justice sociale, c’est ensuite s’attacher à défendre le pouvoir d’achat de nos compatriotes. C’est-à-dire de se préoccuper du niveau des salaires comme de celui des prix. Il est inacceptable que les salaires stagnent alors qu’augmentent les bénéfices de nos entreprises. Inacceptable qu’un salarié sur dix gagne moins de 3500 francs par mois. Inacceptable de voir progresser sans réglementation aucune le travail sur appel et le travail temporaire. Et il faut que la droite saisisse bien une chose : si les employeurs refusent toute négociation, si pour eux (comme pour Werner Messmer dans le bâtiment) la parole donnée n’a plus aucune valeur, nous n’hésiterons pas alors à tout faire pour durcir la législation sur le travail. Pour nous, la situation est claire : c’est le partenariat social ou la loi. Il n’y a pas d’autre choix. Ni la loi de la jungle, ni le mensonge. Parce qu’il en va de la dignité des hommes et des femmes qui font la prospérité de ce pays, et que nous serons toujours à leurs côtés face aux forces de l’argent et de l’arrogance.

S’agissant des prix, trois domaines doivent encore et toujours requérir notre intervention : le logement, l’agriculture et la santé, où sévit un Pascal Couchepin jamais avares de préventions envers ses amis assureurs. Un Pascal Couchepin décidé à leur donner le 1er juin prochain les commandes de tout le système de santé, ainsi que les clés du coffre. Camarades, nous devons tout mettre en œuvre pour qu’en juin prochain nous empêchions M. Couchepin et ses amis de privatiser notre système de santé, pour les empêcher de saboter les efforts de planification des cantons. Nous devons nous battre encore et toujours contres les multinationales de la pharma, qui prélèvent sur le dos des familles suisses plusieurs milliards de francs chaque année, en interdisant les importations parallèles et en faisant obstacle à une harmonisation du prix des médicaments à l’échelle du continent.

Parler de justice sociale, c’est enfin s’attacher à développer nos assurances sociales. S’attacher à répondre aux exigences de notre époque. Notre système d’assurances sociales repose désormais sur une situation caduque : celle de salariés travaillant à temps complet durablement dans la même entreprise. La réalité est aujourd’hui toute autre. Temps partiels (choisis ou imposés), engagement temporaires ou limités dans le temps, travail sur appel, congé de formation : le temps des parcours professionnels linéaire appartient largement au passé. Mais nos experts gouvernementaux, enfermés dans leurs certitudes financières et démographiques, ne semble pas prendre la mesure des besoins sociaux nouveaux qui résultent de la transformation des modes de travail. Or, nous savons tous qu’il existe un lien étroit entre la flexibilité du marché du travail et la densité du filet de sécurité qu’il convient de proposer à nos compatriotes. Nous savons tous qu’à flexibilité extrême doit correspondre une sécurité sociale et personnelle importante. Le Danemark l’a compris, qui garantit à chaque salarié, en cas de chômage, un salaire quasi complet durant quatre ans, et qui propose en parallèle des mesures massives de requalification professionnelle pour ceux qui se voient exclus durablement du marché du travail.

La Suisse pourrait beaucoup apprendre de cette approche. Elle pourrait – et devrait - mieux combiner flexibilité et sécurité. Mais pour ce faire elle devrait enfin prendre note de la réalité du monde du travail et quitter le discours abscons des technocrates. Elle s’apercevrait bien vite qu’il est impensable d’augmenter l’âge de la retraite alors qu’un salarié sur quatre est sans emploi à 60 ans, un sur deux à 64 ans. Cette Suisse officielle et bourgeoise verrait bien qu’elle est condamnée à introduire une retraite flexible digne de ce nom. Or que fait-elle ? Elle fait l’inverse. UDC et radicaux augmentent l’âge de la retraite des femmes – une ineptie lorsque l’on constate les disparités salariales scandaleuses qui subsistent sur le marché – sans la moindre contrepartie. Ils nous concoctent à vrai dire une révision pire que celle de 2004. Mais cette révision n’a aucune chance devant le peuple. Parce que, camarades, si je prends aujourd’hui un engagement face à vous, c’est bien celui d’évaluer les conséquences sociales de chaque projet de loi, de soutenir tous ceux qui nous permettrons d’avancer vers plus d’égalité et de solidarité, mais aussi de combattre avec la dernière vigueur tout projet de démantèlement, toute atteinte à ces principes d’égalité, de justice et de solidarité qui sont le socle de notre engagement militant.

Enfin l’égalité !
La justice sociale porte en elle le principe d’égalité, qui aujourd’hui encore est largement ignoré. Egalité entre hommes et femmes d’abord, qui demeure une revendication quotidienne pour nous autres socialistes. Vingt-sept ans après l’inscription du principe du salaire égal pour travail égal dans la Constitution, douze ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur l’égalité, les femmes sont encore largement discriminées sur le marché du travail, touchant en moyenne un salaire de 20% inférieur à celui d’un homme pour le même travail. Cette discrimination salariale, à laquelle s’ajoute la discrimination plus insidieuse qui touche les compétences exigées à l’embauche, est non seulement intolérable moralement, mais elle est aussi irresponsable économiquement. Car elle freine la pleine intégration des femmes au marché du travail, alors que la donne démographique fera justement dépendre toujours plus la pérennité de notre économie de l’accès des femmes au marché du travail.

Egalité des chances ensuite, particulièrement devant la formation. Nous entrons dans l’ère de l’économie de la connaissance et du savoir, et ce devrait être la responsabilité et l’honneur de notre société d’offrir à tous les enfants, à tous les jeunes, les mêmes chances d’accès à la formation, les mêmes chances de réussite pour leur avenir. Mais la Suisse en est loin : de tous les pays de l’OCDE, c’est en Suisse qu’il y a les plus grands obstacles de nature sociale quant à l’accès aux études. Il existe toujours en Suisse une discrimination massive dans le domaine de la formation : la probabilité que l’enfant d’un couple de travailleurs manuels décroche un diplôme universitaire est cinq fois plus petite que pour l’enfant d’un couple de diplômés universitaires. Cette situation, là encore, est inacceptable, et c’est pour nous un combat quotidien que d’établir cette égalité-là. En améliorant de manière substantielle le niveau des bourses et en élargissant le spectre des bénéficiaires, mais aussi en luttant contre cette tendance antisociale qu’est l’augmentation massive des finances d’inscription et de cours dans les écoles de tous niveaux. L’égalité des chances devant la formation, c’est enfin aussi le souci de fournir à ceux qui choisissent cette filière des places d’apprentissage en suffisance.

La révolte face aux inégalités est l’énergie fondatrice de la gauche depuis ses origines. Dans la Suisse actuelle, le spectre d’inégalités qu’on croyait définitivement enterrées plane de nouveau  sur notre société. Les inégalités qui frappent les personnes en fonction de leur race, de leur religion ou de leur origine. Certains attisent la haine de l’étranger et du migrant, veulent lui appliquer des règles différenciées et discriminatoires au plus grand mépris des principes du droit, organisent de véritables chasses aux sorcières qui rappellent les plus sombres heures de l’histoire. Camarades, face à ces forces rétrogrades réaffirmons notre vision humaniste de la société, réimposons l’image de la Suisse telle qu’elle est : multiculturelle, intégrative, respectueuse des minorités, mais aussi soucieuse de faire prévaloir avec rectitude et fermeté un droit identique pour toutes et tous.

Repenser la solidarité et la justice sociale
Justice sociale donc, grâce à un engagement pour une plus juste répartition des richesses, un pouvoir d’achat amélioré et un filet social adapté aux exigences de notre époque. Les modes de vie et de travail, les mécanismes économiques mondiaux et les structures sociales sont en pleine transformation. Face à ceux qui y voient l’occasion d’abattre l’Etat social que nos aînés ont patiemment construit, c’est notre devoir de repenser en fonction de ces nouvelles donnes la solidarité et la justice sociale qui fondent notre société, et les politiques publiques qui les concrétisent.

Mais au-delà, nous nous battrons pour une Suisse écologique. Parce qu’il n’y a pas de Suisse sociale qui néglige le climat. Une Suisse écologique, c’est une Suisse qui mène une politique des transports durable et responsable, qui soit l’un des piliers de sa lutte contre le réchauffement climatique. Une Suisse qui intensifie ses efforts dans le transfert du trafic marchandises de la route au rail. Une Suisse qui réalise sans délai – et surtout sans prétériter aucune région – les projets d’extension du réseau ferroviaire. Une Suisse qui encourage résolument la mobilité douce, notamment dans les agglomérations. Une Suisse, donc, qui ne craint pas de mener une politique infrastructurelle ambitieuse, car elle sait que l’excellence d’infrastructures pensées et gérées par les collectivités publiques est le meilleur garant d’un développement harmonieux, durable et écologiquement responsable de notre pays.

Pour une Suisse leader des énergies renouvelables
Une Suisse écologique, c’est aussi une Suisse qui conçoit son avenir énergétique de manière écologique. Quelle que soit la puissance des lobbies industriels qui s’activent, la Suisse doit enfin regarder en face et admettre une vérité désormais admise par tant de nos voisins : non, il n’y a plus d’avenir pour l’énergie nucléaire, ni en Suisse ni ailleurs. La construction de nouvelles centrales nucléaires, ce serait la victoire de la paresse, la victoire du pis-aller, l’acceptation irresponsable et égoïste de faire planer sur les générations futures, sur nos enfants, un risque majeur. Non, l’avenir n’est plus à l’atome. L’avenir est aux énergies renouvelables, à l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments, des industries et des appareils, à la modification des comportements en matière de consommation d’énergie. Autant de perspectives qui sont porteuses de progrès et de développement sans toucher au bien être général.

De ces nouvelles énergies, de ces nouvelles techniques, de ces nouveaux comportements, la Suisse doit être un pays leader. Parce qu’un pays privilégié tel que le nôtre, aussi petit soit-il, a le devoir moral et la responsabilité face à la communauté internationale de figurer parmi les pays écologiquement exemplaires. Mais aussi parce que le domaine de l’innovation écologique constituera un facteur toujours plus important de notre développement et contribuera de manière toujours plus marquée au bien-être général et durable que nous souhaitons léguer aux générations futures, ici comme ailleurs. Cette Suisse leader de l’écologie, que nous appelons de nos vœux, doit enfin se donner les moyens d’atteindre l’excellence environnementale et énergétique en adoptant une fiscalité écologique contraignante, mais socialement responsable.

Le progrès social au-delà des frontières
Justice sociale, écologie, voilà deux piliers de l’action que le PSS a mené jusqu’à aujourd’hui et va mener dès demain. Mais l’histoire du socialisme, c’est aussi l’histoire d’un idéal qui dépasse les frontières, comme nous le rappelle d’ailleurs aussi Robert Grimm, dont la postérité et la notoriété véritablement mondiale tient beaucoup à son engagement international, notamment au comité exécutif de l’Internationale ouvrière. Le troisième pilier de notre identité socialiste, c’est bien sûr l’ouverture.

Une ouverture que certains aimeraient bien voir limiter au libre échange des biens et des services, mais que nous, socialistes, avons toujours voulu appliquer aux personnes d’abord. C’est tout le sens de la libre circulation des personnes que la population suisse a eu la maturité de conclure avec nos voisins européens, et qu’elle sera appelée à confirmer et à élargir à la Roumanie et à la Bulgarie. Mais cette libre circulation des personnes n’est une belle concrétisation du principe d’ouverture que si elle est dirigée vers un progrès social pour tous. Or, nous en avons déjà fait l’expérience, le risque est grand de voir les travailleurs d’ici et d’ailleurs dressés les uns contre les autres et faire tous les frais d’un dumping social et salarial orchestré par les patrons pour le seul bénéfice des détenteurs du capital.

Cette libre circulation ne se fera pas sur le dos des travailleuses et des travailleurs. Nous lutterons sans concession pour un renforcement conséquent des mesures de contrôle. Et parce que l’élargissement de la libre circulation ne se fera pas sans le soutien des travailleurs, sans notre soutien, nous obtiendrons le renforcement de ces mesures.

Mon engagement devant vous, notre devoir devant la population
Camarades, nous le voyons, les mois et les années à venir sont riches d’enjeux fondamentaux où le PS doit imposer et faire prévaloir le progrès social, la responsabilité écologique, l’ouverture. Oui, sur ces enjeux le PS doit s’imposer, il en va de l’avenir de notre idéal de justice et de solidarité dans ce pays. C’est mon engagement devant vous, c’est notre devoir à toutes et tous devant la population.

Lorsque dans ses vieux jours Robert Grimm évoquait cette grève générale de 1918 dont il avait été la tête pensante, il relevait simplement qu’avec elle le mouvement ouvrier avait contribué à construire une Suisse plus sociale. Quel regard porterait-il sur le Parti socialiste d’aujourd’hui ? Robert Grimm lui donnerait sans doute deux conseils. De l’une de ces tables autour desquelles nous sommes regroupés, il se lèverait pour nous dire d’abord : « Pour gagner à nouveau, le Parti socialiste doit se fonder sur un mouvement social, sur un mouvement de masse qui soit à la fois le terreau où germent ses projets et le porte-voix qui les diffusent et leur donnent corps. » Et il nous dirait ensuite : « Continuez à mener une critique sans concession de la société capitaliste dans laquelle nous vivons, et qui n’est toujours pas assez sociale, toujours pas assez solidaire, toujours pas assez juste. »

Oui, camarades, tous ensemble refaisons gagner le PS, pour faire gagner à nouveau nos idées, pour faire progresser à nouveau notre pays sur la voie d’une société plus sociale, d’une société plus solidaire, d’une société plus juste.
Christian Levrat

Les autres discours prononcés lors du congrès sont disponibles ici.
 

levrat.ch 318
Cet article a été publié le Lundi 3 mars 2008 à 17:35 et est classé dans Dernières nouvelles. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed. Commentaires et trackbacks sont tous les deux fermés pour le moment.

2 réponses à “Christian Levrat élu à la présidence du PSS: “Gagner en 2011″”

  1. Madeleine Tevon dit:

    Alors voilà, c’est fait, vous voilà prlsident du parti socialiste, je vous félicite et je vous admire pour l’aboutissement de tant d’années de combat social.

    Je suis aussi convaincue qu’avec vous, le pati aura un nouvel avenir et que vous saurez réveiller ceux qui avaient parfois tendance à s’enliser dans la politique de certain nanti de la droite.

    Votre jeunesse mais malgré tout votre déjà grande expérience syndicale vous permet de vous affirmer dans tous les débats et j’espère de tout coeur que vous arriverez toujours à défendre ceux que la vie n’a pas forcément gâtés et qui ne sont pas nés dans un berceau doré.

    Bien cordialement

  2. michel vonlanthen dit:

    Et oui Christian c’est fait - moi aussi je convaincu
    que le parti reprendra du poil de la bête - moi je le
    souhaite aussi. Pour ma part je suis très satisfait
    de ta présidence - bonne chance.

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