Congrès ordinaire du parti socialiste, Aarau le 25 octobre 2008
Camarades,
J’étais jeudi à Zürich, sur la Paradeplatz. Pas pour participer au sit-in organisé par la JS Suisse au siège de l’UBS. Pas à la manif. de la gauche et des syndicats. Non, j’étais – en tout simplicité - à la foire des produits structurés, la grand-messe des banques d’investissement et des fonds spéculatifs. J’y avais été invité en avril dernier, pour participer à un débat sur le secret bancaire. Les organisateurs devaient sans doute estimer qu’il serait du dernier chic d’exhiber le président du Parti socialiste, un étatiste, un gauchiste ! Pensez donc ! Une espèce en voie de disparition ! Un syndicaliste archaïque qui ose exiger une autre répartition des richesses produites !
Eh bien camarades, le public cravaté très strict n’a pas trouvé ça très exotique. Parce qu’entre-temps, j’étais un peu devenu le représentant de l’actionnaire principal de la plus grande banque du pays. Parce que les managers globalisés et les banquiers d’affaires qui se pressaient dans les allées de cette foire se tournent depuis des semaines avec anxiété vers les Etats et le monde politique. Parce que leurs banques d’investissement ont disparu, ont été nationalisées ou rachetées. Parce que le capitalisme de casino - plus que leur gagne-pain, leur raison de vivre - s’effondre dans un fracas étourdissant.
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