Les nouveaux baillis
Congrès de Lausanne,discours d'introduction de Christian Levrat: les nouveaux baillis, Guillaume Tell aurait accepté l'initiative fiscale, quelle position pour le PS face à l'initiative sur l'expulsion des criminels étrangers, quelles conséquences pour le pays suite à la tentative de marginalisation du PS au Conseil fédéral?
Les nouveaux baillis
« À vous de choisir : voulons nous poursuivre une politique dans le seul intérêt d’une
minorité qui ne cesse de s’enrichir au détriment de tous les autres ou voulons-nous nous
consacrer au bien être de l’ensemble de la population ? Solidaires, nous sommes plus
forts. Le PS s’engage, avec vous, au quotidien. Dans toutes les questions sociales, en
économie comme en politique. »
„Wir haben die Wahl: Wollen wir weiterhin eine Politik im Interesse von ein paar Wenigen,
die sich immer noch mehr nehmen? Oder wollen wir eine Politik für die ganze
Bevölkerung? Wir sind dann stark, wenn wir miteinander Verantwortung übernehmen
und nicht jeder für sich selber schaut. Dafür kämpft die SP zusammen mit Ihnen. Im
Alltag, in der Wirtschaft und in der Politik.“
Camarades,
Liebe Genossinnen und Genossen
Il est bon parfois de se plonger dans l’histoire. Non pas par nostalgie, mais pour comprendre
notre monde, et agir en conséquence. Sans connaissance du passé, pas d’avenir. Aussi, j’ai
toujours un certain plaisir à évoquer les grandes étapes qui ont présidé à la construction de
la Suisse moderne : la révolution libérale de 1848, au cours de laquelle nous avons conquis
les libertés civiques et politiques, la grève générale de 1918 qui a vu nos prédécesseurs
tracer l’ébauche de nos droits sociaux et économiques, l’introduction en 1948 de l’AVS qui
fera reculer la pauvreté des personnes âgées, et la conquête en 1968 de nombre de libertés
sociétales et culturelles qui imprègnent encore notre Suisse en ce XXIème siècle.
Rappeler cette histoire, c’est rappeler notre histoire, c’est dire notre Suisse : celle des
lumières, celle du progrès, celle de l’émancipation. C’est dire la liste de nos efforts pour
aboutir à cette Suisse de la liberté, de l’égalité et de la solidarité à laquelle nous aspirons.
Mais aujourd’hui, essayons de remonter davantage dans notre histoire. Vers la Suisse –
mythique ou non, finalement qu’importe – de 1291. Souvenons-nous de Guillaume Tell, de
ces mythes qui ont forgé notre identité : la Suisse centrale est contrôlée par les Habsbourg,
lointains et puissants suzerains, représentés par des baillis, agents tyranniques de l’occupant
autrichien. Gessler, un de ces baillis honnis, installe un jour, sous un tilleul une perche, au
sommet de laquelle il fixe son chapeau. Il poste un valet en sentinelle, et ordonne à tous
ceux qui passent devant la perche de s’incliner devant le chapeau, « comme si le seigneur se
trouvait là en personne ».
Vous connaissez la suite : Guillaume Tell, l’enfant, la pomme, la flèche, le méchant bien puni
puis le pays libéré de la tyrannie. Belle histoire. Mais vous la connaissez déjà et trouvez peut-être même ce folklore un peu désuet. Surtout, vous commencez à vous demandez s’il vaut vraiment la peine de sacrifier un
week-end pour venir à Lausanne et entendre des légendes qui figuraient déjà dans vos livres
d’école. Vous vous dites : ce n’est pas notre Suisse, celle de 1848, de 1918, de 1948, de
1968.
D’accord. Mais si les mythes agités par nos adversaires se retournent contre eux, que reste-til
de leur propagande et de leurs affiches. Rien, ou plutôt si : de l’idéologie pure. Le roi est
nu. Posons donc quelques questions simples : Qui sont les Habsbourg de notre époque ?
Qui sont leurs baillis ? Et qui sont les Guillaume Tell qui se lèvent pour défendre le
peuple ?
Les seigneurs féodaux sont aujourd’hui des oligarques, abrités dans les tours de verre de
palais climatisés. Ils dirigent des empires mondiaux, ne sont plus vraiment liés à leur pays
d’origine, ni à aucun autre. Ils ne travaillent pas, leur argent le fait pour eux. Ils n’investissent
pas, ils spéculent. Ils constituent une nouvelle classe féodale, dont la fortune s’accroit de
génération en génération.
Vous vous dites: ça y est, le voilà reparti avec ses vieilles théories de lutte de classe, son
discours anti-riche primaire. Restons-en donc aux faits : Ueli Mäder, l’universitaire bâlois, a
publié cette semaine une étude édifiante : en Suisse aujourd’hui, 3% de la population
possède une fortune équivalente à la fortune cumulée des 97 autres pourcents. Et nulle part
au monde, à part la Namibie et Singapour, nous n’assistons à des écarts de fortunes
correspondant à ce que nous voyons aujourd’hui chez nous. Il n’est dont pas exagéré de
parler de nouveau féodalisme. C’est au contraire, une description assez précise de la
situation à laquelle nous sommes confrontés. Les Habsbourg de ce temps siègent au
sommet de leur tour de verre.
Mais comme Rodolphe de Habsbourg, ils ne seraient rien sans leurs baillis, sans ceux qui
font régner la loi du maître, sans Gessler. Qui sont donc aujourd’hui ces courageux, prompts
à se ranger du côté du pouvoir et de l’argent ? Qui forgent et défendent un système fiscal
inique, qui protège les grandes fortunes et les spéculateurs. Qui fait obstacle depuis
des décennies à l’introduction d’un impôt sur les successions, et se refuse à taxer les
gains en capitaux ? Qui protège les privilégiés qui abusent de la concurrence fiscale ?
Les baillis du pouvoir.
Ceux qui préfèrent défendre des intérêts particuliers, au détriment de l’intérêt général. Ceux
qui défendent les privilèges des Habsbourg face aux droits du peuple. L’UDC qui veut
réduire et réduire encore les rentes des chômeurs, le PDC qui prône une concurrence fiscale
qui ne profite qu’aux plus riches, le PRD qui protège l’UBS, les banques et les assurances,
se désintéresse du peuple pour favoriser ses riches protecteurs : voilà les Gessler des
temps modernes.
Liebe Genossinnen und Genossen
In weniger als einem Jahr wird das Schweizer Volk seine Wahl getroffen haben, wer künftig
die Geschicke unseres Landes lenken soll. Jene, die seit Jahrzehnten Meister darin sind,
Eigeninteressen zu verteidigen, die Lakaien der Banken? Jene, die sich den grossen
Versicherungen und den Multis anbiedern und in der economiesuisse
zusammengeschlossen sind? Jene, die die Interessen der Pharmaindustrie über jene der
Patienten stellen? Jene, die von einer elitären Schule träumen, wie sie den Vierziger-Jahren
des letzten Jahrhunderts nicht schlecht angestanden hätte?
Oder aber jene, die das allgemeine Interesse über den persönlichen Profit stellen? Jene, die
einstehen für eine Politik im Dienste aller? Jene, die ohne Unterlass dafür kämpfen, dass
Lösungen gefunden werden, die für eine Mehrheit der Bevölkerung befriedigend sind, für all
jene, die sich nicht ihre persönlichen Lobbyisten leisten können? Zusammen mit all jenen,
die bereit sind, sich für konkrete Projekte zur Schaffung einer solidarischeren und
harmonischeren Gesellschaft zu engagieren. Wer also wird unser Land ins 21. Jahrhundert
führen: Gessler oder Wilhelm Tell?
Liebe Genossinnen und Genossen
Wir haben im September erlebt, wie eine der Unsrigen in den Bundesrat gewählt wurde.
Eine bemerkenswerte Wahl, bei der vier Frauen mit Sinn für das Gemeinwohl Seite an Seite
ihre Kampagne geführt haben. Hilde, Eva, Jacqueline und Simonetta haben sich nicht
gegenseitig angegriffen, wie es der Brauch in unserem manchmal brutalen politischen
Umfeld ist. Sie haben sich gemeinsam um den Einzug in den Bundesrat beworben.
Zusammen und nicht im Kampf gegeneinander. Und ich möchte ihnen dafür danken. Sie
haben uns damit allen eine Lektion erteilt. Es war ein Musterbeispiel dafür, wie wir Politik
begreifen.
Aber uns wurde auch noch eine zweite Lektion erteilt. Ich habe mich oft gefragt, wieso
Simonetta Sommaruga im Volk so beliebt ist, was sie zur populärsten Politikerin unseres
Landes gemacht hat. Und glaube eine Antwort gefunden zu haben. Sie hat während ihrer
ganzen Karriere stets die Interessen einer Mehrheit der Bevölkerung vertreten. Sie hat
sich nie in der Rolle einer Vertreterin von Sonderinteressen zurückstufen lassen. Das
Allgemeinwohl stand in ihrer politischen Arbeit immer an vorderster Front. Und nicht die
Interessen eines Verbandes, einer Wirtschaftsbranche oder gar eines Unternehmens.
Wir – und mit uns die ganze Bevölkerung - erwarten sehr viel von der Wirkung von Simonetta
Sommaruga in der Regierung. Wir sind überzeugt, dass sie sich weiterhin für die Interessen
der Schwächsten in unserer Gesellschaft engagieren wird. Dass ihre starke Stimme in
Wirtschafts- und Finanzfragen weiterhin gehört wird, auch im Bundesrat. Dass sie unsere
Anliegen für den öffentlichen Verkehr weiterhin vertreten wird. Dass sie ihrer klaren Position
für erneuerbare Energien und gegen neue AKW Gehör verschaffen kann.
Unsere Partei hätte sich gewünscht, dass Simonetta Sommaruga sich auf diese
Herausforderungen konzentrieren kann. Seit der Departementsverteilung wissen wir aber,
dass die Bürgerlichen noch andere Wünsche an sie gerichtet haben: Zusätzlich zu ihrem
aktiven Einsatz in sozial- und wirtschaftspolitischen Fragen wird erwartet, dass sie die
schweizerische Migrations- und Sicherheitspolitik auf die neuen Schwierigkeiten einer
globalisierten Welt ausrichtet. Es ist keine einfache Aufgabe, auch - und vielleicht besonders -
aus sozialdemokratischer Perspektive.
Aber vielleicht handelt es sich auch um eine Chance: die Chance zu unterstreichen, dass
Sicherheit ein Recht ist. Und dass die Polizei einen Service public darstellt. Genau dies ist
nämlich der Kern unserer Haltung in diesen Fragen. Exemplarisch zeigen dies die
Entscheidungen, die wir vor zwei Jahren am Parteitag in Aarau getroffen haben. Die
arbeitende Schweiz und nicht die spekulierende Schweiz zahlt den Preis für Delinquenz.
Und dieser arbeitenden Schweiz sind wir eine klare Antwort in Sicherheitsfragen schuldig:
ohne Nachlässigkeiten, aber auch ohne Hysterie. Dafür effizient, damit wir besser in unserem
Land leben können.
Camarades,
Nous débattrons demain sur l’initiative UDC et sur notre mot d’ordre. Nos débats ont déjà fait
couler beaucoup d’encre, agité les esprits. Et c’est tant mieux. Parce qu’un parti qui débat
est un parti qui vit. Parce que dans un grand parti populaire comme l’est notre parti, il est
logique que coexistent des positions divergentes. Je dirais plus, c’est même indispensable.
Nous en débattrons demain et je me réjouis. Permettez-moi toutefois, aujourd’hui déjà,
d’évoquer ma conviction personnelle :
Les étrangers criminels doivent être renvoyés… au terme d’une procédure
individuelle.
Je suis convaincu que nous devons dire clairement qu’il existe un intérêt public à éloigner de
Suisse les étrangers gravement criminels. Mais que chacun, même les pires délinquants, a
droit à une procédure individuelle. Nous devons refuser aussi bien l’automatisme total prévu
par l’initiative que l’automatisme partiel envisagé par le contre-projet. La loi actuelle doit être
appliquée, dans toute sa rigueur. Ni plus, ni moins. Et si, par malheur, l’initiative comme le
contre-projet devaient trouver une majorité, il va de soi que nous choisirons le moindre mal,
le semi-automatisme, et que nous donnerons la priorité au contre projet dans la question
subsidiaire.
Liebe Genossinnen und Genossen
Auch wenn wir optimistisch sind, was die Arbeit unserer beiden Bundesrätinnen betrifft,
müssen wir doch klar und deutlich sagen, dass uns das Diktat beunruhigt, vor welches uns
die Bürgerlichen stellen. Nicht, um uns über den Verlust an Einfluss in Bundesbern zu
beklagen (den wir tatsächlich erlitten haben). Nicht, um über eine Ausgrenzung der SP in
der Regierung zu lamentieren (die leider eingetreten ist). Nicht, um anzuprangern, dass die
SP von den Schlüsseldepartementen ausgeschlossen wurde, fern unserer sozialen und
ökonomischen Anliegen.
Sondern, um klar und deutlich zu sagen, dass unsere Gegner die Institutionen verspotten,
welche die politische, soziale und ökonomische Stabilität unseres Landes garantieren. Sie
missachten zum einen die Form: Die Parteien der bürgerlichen Mitte geben den Ton in der
Regierung an und haben die vier Schlüsseldepartemente inne – dies obwohl sie auf bloss
rund 35 Prozent Wähleranteil oder 76 von 200 Nationalratssitzen kommen. Ein krasses
Ungleichgewicht im Vergleich zu ihrer Wählerstärke. Die Regierung hat mit diesem
Entscheid aber auch ihre bisherigen Prinzipien über Bord geworfen. Das Kollegialitätsprinzip
erfordert Diskussionen und Konsenslösungen, keine simplen Mehrheitsentscheide, keine
vorgängigen Absprachen. Und das Konkordanzprinzip will Rücksicht gegenüber und
Lösungen mit den Minderheiten. Und keine Diktatur der Mehrheit.
Die Departementsverteilung wurde offenbar auf enormen Druck von economiesuisse
vollzogen. Und diese präsentierte auch umgehend danach ihren Wunschzettel. Das Ziel von
economiesuisse ist klar: Das UVEK wird zum Atomdepartement. Das EDI zum
Sozialabbau-Departement. Im Finanzdepartement wird mit einem Investitions-Stopp
und Schuldenabbau weiterhin Politik zu Lasten der zukünftigen Generationen
gemacht. Und im EVD wird das Seco seinen Neoliberalismus-Kurs weiterhin vertreten
können.
Die SP wird sich gegen diese Politik wehren. Die SP wird es nicht zulassen, dass es immer
mehr Privilegien für einige wenige gibt. Die SP will eine Politik für die Mehrheit der
Bevölkerung.
· Sie wird nicht zulassen, dass im UVEK Liberalisierungen und Privatisierungen Einzug
halten. Die SP will ein flächendeckendes Poststellennetz für alle statt
Privatisierungsgewinne für ganz wenige. Die SP setzt auf ihre vor kurzem
eingereichte Postinitiative.
· Sie wird nicht zulassen, dass neue AKW gebaut werden.Die SP will 100‘000 neue Arbeitsplätze dank Investitionen in erneuerbare Energien statt Geld für die Atomlobby. Die SP setzt auf ihre Cleantech-Initiative.
· Sie wird nicht zulassen, dass Sozialabbau betrieben wird. Die SP will ein sozial flexibles Rentenalter für alle und keinen Rentenabbau. Die SP war mit dem Referendum gegen den Rentenklau erfolgreich. Und sie
wird auch in Zukunft mit Referenden dafür sorgen, dass es zu einem Umbau
und nicht zu einem Abbau bei der AHV kommt.
· Sie wird nicht zulassen, dass einige wenige immer reicher werden und die Schere zwischen Arm und Reich weiter auseinandergeht. Die SP will mehr Lohn für alle statt weiterhin Lohnexzesse einiger Abzocker.
Die SP setzt auf die 1:12-Initiative der Juso und fordert mit der von Gewerkschaften und SP in Kürze lancierten Mindestlohn-Initiative einen minimalen Lohn für 100 Prozent Arbeit.
· Sie wird nicht zulassen, dass die Krankenkassen- und Pharmalobby die
Gesundheitspolitik diktiert – und die Prämienzahlenden und PatientInnen darunter
leiden. Die SP will eine öffentliche Gesundheitskasse – wie die gleichnamige SPInitiative
dies fordert.
Genossinnen und Genossen
Die SP hat Anrecht auf zwei Sitze im Bundesrat. Die Mitte-Rechts-Allianz versuchte mit dem
Departements-Entscheid die SP im Bundesrat zu marginalisieren. Die konsequente Folge
wäre, dass die gleiche Allianz auch einen der beiden Sitze der SP bei den
Gesamterneuerungswahlen 2011 anvisiert. Eine solche Marginalisierung und Verdrängung
ist aber nicht im Sinne der SP-Wählenden und wird auch nicht akzeptiert. Für die SP ist klar:
Unsere Wählerschaft muss durch zwei Bundesrätinnen oder Bundesräte repräsentiert
werden. Und wenn die Rechte oder die Grünen diese doppelte Vertretung zur Diskussion
stellen sollten, werden sie die Regierungsbeteiligung der Linken insgesamt in Frage stellen.
Ich sage es Euch ganz offen: Wenn wir unseren Einfluss in Bern bewahren wollen, wenn wir
unsere zwei Sitze im Bundesrat behalten wollen, wenn wir weiter wirkungsvoll die Schweiz
repräsentieren wollen, die an den Service public, die Arbeitslosenversicherung und die AHV
glaubt, die Schweiz, die sich dafür engagiert Atomenergie durch erneuerbare Energien zu
ersetzen, wenn wir weiterhin die Schweiz von Wilhelm Tell gegenüber jener von Gessler
vertreten wollen, dann müssen wir die Wahlen im kommenden Jahr gewinnen.
Und wir werden sie gewinnen. Wir alle zusammen. Weil wir uns zum einen der
Herausforderung und unserer Verantwortung bewusst sind. Zum Zweiten aber auch, weil wir
es wollen. Erlaubt mir, Euch ein Beispiel für den Kampfgeist zu geben, mit dem wir in diese
Wahlen gehen.
Die Nachfolge von Simonetta Sommaruga im Ständerat bringt uns im Kanton Bern in eine
heikle Situation. Der Kampf wird hart für uns in einem Kanton, der rechts der Mitte steht,
gefährlich für unsere Kandidatin, voller Ungewissheiten. In früheren Zeiten hätten die Spitzen
der SP die Chancen als zu gering eingestuft, die Operation als zu gewagt, und sie hätten
verzichtet, unter solchen Umständen anzutreten. Nun aber hat sich diese Woche unsere
Fraktionschefin Ursula Wyss für die Nachfolge von Simonetta Sommaruga zur Verfügung
gestellt. Sie verkörpert wie andere - etwa Daniel Jositsch letztes Jahr in Zürich - den
wiedergefundenen Elan der SP, diesen Willen zu kämpfen, diesen Ehrgeiz, an einem Projekt
teilzuhaben, bei dem sich alle Schweizerinnen und Schweizer unterstützen. Für eine
solidarische Gesellschaft, gegen einen Gesetzesdschungel, gegen eine Gesellschaft, die
durch Konfrontation zerrissen ist.
Notre situation pour 2011 est meilleure que ne le pensent la plupart des commentateurs.
Bien sûr, nous avons enregistré au cours des dernières années de lourdes pertes dans
diverses élections cantonales, récemment et de manière très douloureuse à Berne. Mais la
roue tourne. Nous avons progressé lors des deux derniers scrutins cantonaux, à Zoug et
dans le Jura, où notre ami Michel Thentz est particulièrement bien placé pour reconquérir un
deuxième siège au gouvernement. Tous les sondages nous donnent en progression de un à
trois pourcent. Le PS serait ainsi le seul parti gouvernemental à progresser.
Si je croyais aux sondages, je pourrais m’en réjouir. Mais un autre élément, singulièrement
déterminant fonde mon optimisme aujourd’hui et entretient cette flamme qui nous anime
tous lorsqu’il s’agit de descendre dans l’arène. Nous dominons l’agenda politique, à tout
le moins sur les questions économiques et sociales. Notre victoire, le 7 mars dernier, a
montré à la Suisse entière que nous étions les véritables défenseurs des assurés, des
retraités, des salariés, face aux porteurs d‘eau de quelques sociétés d’assurance, qui sont
sortis laminés de cette campagne.
La défaite fut pour eux suffisamment douloureuse pour qu’ils évitent de rééditer l’expérience,
du moins à court terme. Nous avons enregistré trois succès importants lors de la session
d’automne du Parlement. Par trois fois, nous avons annoncé que nous saisirions le
référendum dans l’intérêt de nos compatriotes. A trois fois, nous faisions valoir l’intérêt d’une
majorité de la population face aux intérêts sectoriels de quelques uns. A trois fois nous
l’avons emporté : sur l’AVS d’abord, l’UDC a fini par abandonner ses propres positions pour
reprendre les nôtres, inquiète de nous voir mener campagne contre une 11ème révision
impopulaire jusque dans ses rangs. Sur la privatisation partielle de la SUVA, nous avons su
convaincre les milieux de l’artisanat qu’ils n’avaient rien à gagner d’un réforme qui ne profitait
qu’aux assureurs, et l’avons emporté sur leurs lobbyistes. Sur la libéralisation du marché
postal enfin, le PDC a cédé, écartelé entre son électorat des régions périphériques et sa
croyance aveugle dans le marché. En définitive, il nous a aidés à écarter un projet de loi
aussi défavorable aux consommateurs et consommatrices qu’aux espaces décentralisés de
notre pays.
Aujourd’hui, nous sommes tous en campagne pour l’initiative fiscale socialiste. Et nous
devons tout mettre en oeuvre pour que celle-ci s’inscrive dans la série de nos récents succès,
qu’elle constitue un tremplin idéal vers la campagne décisive de l’automne 2011. Comment
mieux dire notre ambition de représenter les intérêts du peuple contre quelques privilégiés
que par ce texte ? Comment indiquer plus clairement que nous défendons 99% de la
population contre 1 % de super-riches qui abusent des mécanismes de la concurrence
fiscale pour échapper à leurs obligations citoyennes. Aujourd’hui, Guillaume Tell ne se
contenterait pas de refuser de saluer le chapeau de Gessler. Grâce à notre démocratie
directe, il pourrait repousser le bailli, représentant des seigneurs autrichiens. Friedrich
Schiller fait dire à son Guillaume Tell en 1804: „Ein jeder wird besteuert nach Vermögen."
Précisément ce que nous exigeons pour le 28 novembre prochain. Tell dirait oui.
Camarades,
Nous n’avons pas à être jaloux, hostiles, inquiets face aux grandes fortunes. Elles reposent
parfois sur de grands mérites. D’autres fois sur la chance et la naissance. Mais nous devons
exiger d’elles qu’elles tiennent leur rôle dans la société, qu’elles en soient partie intégrante,
qu’elles assument leurs obligations. Et lorsque certains tentent de les fuir, de se couper du
monde derrière les murailles de leurs villas à Freienbach ou Wollerau, il nous revient de leur
rappeler notre exigence d’une société inclusive. D’une société dans laquelle chacun assume
sa part de responsabilité, conformément à ses moyens.
Cette ambition de dépasser une société du tous contre tous, d’aller au-delà de la
logique capitaliste de notre temps, cette vision-là va marquer nos débats sur le
programme du Parti socialiste suisse.
Laissez-moi vous dire que nous avons tous, ensemble, une chance extraordinaire : celle de
prendre du temps pour régler nos boussoles, pour définir un projet pour demain. Nous
avons le privilège de tracer, au cours de ce week-end, les lignes de force de notre action
pour les dix, quinze ou vingt prochaines années.
Laissez-moi vous dire que je suis fier d’être membre d’un parti, du seul parti, qui a pour
ambition d‘allier une ambition visionnaire à une politique concrète au quotidien. Du seul parti
qui accepte de réfléchir au-delà de la législature en cours, du seul parti pour qui le projet de
société compte au moins autant que la prochaine votation.
Laissez-moi vous dire l immense respect que j’ai face à la tâche considérable qui nous
attend, aux mille amendements présentés, aux centaines d’heures de travail et de
discussions qu’ils représentent dans trois à quatre cents sections différentes. Ils sont les
témoins d’un parti vivant, d’un parti de membres actifs, d’un parti qui croit en son avenir et à
la force des idées. Ils constituent un démenti cinglant adressé aux cyniques professionnels
de certains médias qui considèrent que toute réflexion qui dépasse l’actualité immédiate
relève du temps perdu.
Camarades,
Vous l’aurez constaté comme moi, certains parmi nous souhaiteraient renvoyer la discussion
sur le programme, poursuivre la réflexion. Pour ma part, je considère que nous devons
débattre ce week-end, et trancher nos différents là où ils existent. Il peut certes être tentant
de prolonger un échange mené à un tel niveau. Mais c’est une voie dangereuse, pour
plusieurs raisons :
Nous débattons depuis 2004 de ce programme. Plusieurs centaines de page d’analyse ont
été soumises à discussion, puis à compter de l’an dernier, le projet de programme à
proprement parler. Il faut savoir mener un débat avec la profondeur nécessaire, mais il faut
aussi savoir le clore. Le moment est venu d’arrêter nos positions. Et c’est la raison pour
laquelle un peu moins de 1000 délégués sont réunis ce week-end à Lausanne.
Le programme sur lequel nous allons nous pencher n’est pas parfait. Nous avons tous
certainement, et moi également, des éléments que nous formulerions différemment, des
nuances à apporter ici ou là. Nous sommes tous conscients des limites des projets qui y sont
présentés. Mais ces limites nous renvoient à l’état actuel des réflexions du socialisme ou de
la social-démocratie européenne. C’est un programme de notre époque, pour notre époque,
avec les espoirs et les limites de cette époque. En reporter le traitement de six ou douze
mois n’y changera rien.
Nous avons plusieurs projets d’envergure en vue des élections de 2011. Nous récoltons
actuellement des signatures pour notre initiative Cleantech, de nouveaux emplois grâce aux
énergies renouvelables. Nous nous apprêtons à lancer, à compter de mi janvier, une
nouvelle initiative pour une caisse maladie publique, ainsi qu’une autre - en collaboration
avec les syndicats - pour des salaires minimaux. Nos énergies doivent être concentrées l’an
prochain sur ces initiatives et sur la campagne électorale fédérale.
Nous allons mener campagne sur notre ambition à représenter une majorité de Suisses et
de Suissesses face aux oligarques et à leurs baillis. Et à ce titre, notre ambition d’étendre le
champ démocratique au monde de l’économie est déterminante. Et elle n’est nulle part
définie de manière aussi précise, aussi claire et convaincante que dans notre projet de
programme. Parce que nous sommes convaincus que la démocratie ne peut s’arrêter aux
portes de nos bureaux, de nos usines, de nos chantiers ou de nos classes de cours, nous
devons en déterminer les contours de manière plus concrète. C’est le sens de notre travail
ce week-end.
Je suis heureux, fier, oui fier, de notre Parti socialiste. Nous osons poser des questions
fondamentales, qui dépassent l’horizon quotidien de la petite cuisine politicienne. Nous
osons débattre entre nous, face au public, de questions controversées. Nous avons
confiance en nous, confiance en l’avenir, confiance en cette Suisse qui saura honorer notre
souci de l’intérêt général. Camarades, ensemble, nous allons gagner les élections fédérales
d’octobre prochain. A chaque fois qu’au bistrot, au travail, auprès de votre famille, dans votre
club de sport, à chaque fois que vous défendez nos valeurs et nos propositions, à chaque
fois, nous approchons de cette victoire attendue. Camarades, ensemble, nous allons nous
mettre en route, pour convaincre, pour gagner. Pour une majorité et contre les représentants
d’intérêts particuliers. Ensemble.
Je vous remercie.
