Lettre ouverte au Conseil fédéral
Lutte contre le franc fort : travaillons aussi sur le long terme et pour une économie durable : dégageons des fonds pour la recherche et l’innovation, par ex. dans les énergies renouvelables !
Le mercredi 17 août 2011, le Conseil fédéral a décidé d’affecter 2 milliards au renforcement de la place industrielle suisse et à la lutte contre la surchauffe du marché. Parmi les mesures ciblées, le communiqué de presse cite entre autres domaines l’innovation et la recherche. Comparées à de nombreuses autres mesures sectorielles, qui promettent d’être éphémères et peu efficaces, formation et recherche, innovation et transfert technologique sont des éléments déterminants, des investissements durables et prometteurs pour l’avenir de notre pays. Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux, priorisez-les dans les mesures contre le franc fort !
Dans les propositions concrètes qui seront faites au Parlement, intégrez les nombreux projets de recherche planifiés ou en réserve dans nos hautes écoles; certains projets ont pris du retard, n’ont pas pu être réalisés ou n’avancent pas à la vitesse souhaitée, faute de moyens financiers adéquats.
Les 2 milliards doivent aider la Suisse à rester compétitive et éviter qu’elle ne perde des emplois avec l’appréciation du franc et les répercussions de la crise de l’euro et du dollar.
Des investissements sur le long terme, dans des domaines prometteurs et indispensables pour l’avenir, tels que ceux des nouvelles sources d’énergie, des technologies qui en découlent, de la biomédecine, et autres domaines innovants sont des investissements qui serviront à l’ensemble de la Suisse et à sa population ; ils lui permettront de se positionner à la pointe dans ces secteurs prometteurs. De tels investissements, assurés pour une période de quelques années, donneront un élan durable ; ils compléteront les mesures plus ponctuelles et urgentes qui pourraient être prises dans d’autres secteurs.
ETHZH et EPFL, Unis, HES, instituts de recherche et autres institutions hybrides, plus en interface avec les entreprises, sont nos instruments de valeur que nous pouvons appeler à la rescousse et solliciter plus encore pour relever les nouveaux défis et garantir notre avenir économique et durable, par leur capacité de recherche, d’innovation, mais aussi de transferts de technologie.
Outre la CTI dont le Conseil fédéral parle déjà explicitement, il est nécessaire que le FNS soit doté convenablement, de manière à ce que les projets prometteurs ne soient pas recalés faute de moyens financiers et que le taux d’acceptation des projets reprenne une courbe ascendante. A l’heure où la Suisse se tourne résolument vers les énergies renouvelables et les nouvelles sources d’énergie, il est urgent de favoriser au maximum cette capacité de notre pays à développer des domaines technologiques novateurs ; ils peuvent nous procurer des avantages pour les décennies prochaines par un savoir-faire hors du commun et qui fait déjà notre renommée.
Il y a aussi lieu de s’assurer que les Flagship-Programm qui ont des implications dans nos Hautes Ecoles soient suffisamment soutenus ces prochaines années, pour pouvoir assurer leur financement national s’ils sont retenus dans les programmes européens.
Pour les socialistes, une partie des 2 milliards décidés par le Conseil fédéral doit être consacrée à construire notre avenir à plus long terme, de manière durable ; recherche et innovation font partie des forces de la Suisse, les défis nouveaux sont immenses ; nous devons, dans cette période économique incertaine, leur donner un élan bienvenu. Des impulsions ciblées pour favoriser le passage d’une nouvelle technologie à la phase de l’industrialisation devraient, elles aussi, être étudiées, car c’est encore une faiblesse de notre système d’innovation.
Alors, Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux, soyez visionnaires dans vos choix, et pensez à l’avenir au-delà des élections de cet automne !

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